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Et après ça, je continue de la fermer.

Mot-clef du jour : « cette année j’ai pas été classe, je me suis comportée comme une chaudass »

J’emmerde les bigots qui demandent à des non-croyants de respecter les traditions des croyants.
J’emmerde les tièdes qui pensent qu’il faudrait faire preuve d’égards pour la superstition alors que c’est tolérable d’insulter la raison.
J’emmerde les naïfs privilégiés qui ne pigent pas qu’on ne vit pas dans un délicieux monde rationnel, et que se foutre de la gueule de personnes qui s’en prennent déjà plein la tronche au quotidien, ça fait plus de mal que de se payer celles des hommes blancs hétérosexuels de classe moyenne supérieure.
J’emmerde les lâches qui se réfugient derrière Desproges pour insulter leurs camarades sous couvert de droit à l’humour (pour info, le « on peut rire de tout mais pas avec tout le monde » signifiait précisément que la blague devrait être contextualisée).
J’emmerde les incultes qui disent « c’est du second degré » sans connaître la définition de « second degré ».
J’emmerde les bas du front qui mettent des gens tenant parfois des propos maladroits et irrévérencieux envers les minorités dans le même sac que les cadres du FN.
J’emmerde les malhonnêtes qui râlent qu’on n’a pas fait de marche pour le massacre au Nigeria. A moins bien-sûr qu’ils ne pleurent la mort de mon voisin de pallier autant que celle de leur père, leur fils ou leur petite sœur.
J’emmerde les médias voyeurs qui ont à peine couvert le massacre au Nigéria, trop occupés à montrer en direct la position des snipers aux preneurs d’otages (Voici un exemple de moquerie au « premier degré »).
J’emmerde les désespérants imbéciles qui ont insulté les personnes présentes à la marche de dimanche ou les personnes qui en étaient absentes. (Dans un contexte de lutte pour la liberté de parler et d’agir, chapeau, les gars ! (Voici un exemple de moquerie au « second degré »)).
J’emmerde les monstres de prétention qui prétendent parler au nom de Dieu.
J’emmerde les ânes bâtés qui ignorent que la laïcité n’interdit pas de manifester sa foi, elle protège ce droit pour tous.
J’emmerde les dégueulasses qui ont déjà créé le « Point Charlie » parce qu’ils n’aiment pas qu’on leur suggère de se taire quand leur humour est blessant et naze.
J’emmerde les fragiles égoïstes qui hurlent « on ne peut plus rien dire » alors qu’ils sont payés des blindes pour déverser leurs insultes à la téloche mais n’ont pas les épaules pour supporter qu’on n’adhère pas à leurs propos.
J’emmerde les simplets qui hurlent au racisme dès qu’on remet en question certains aspects de l’islam.
J’emmerde les aveugles qui minimisent la responsabilité collective quand de jeunes français se transforment en terroristes.
J’emmerde les CAP-gauchisme qui résument ça à « c’est la faute au capitalisme ».
J’emmerde, enfin, les perfides qui refusent d’admettre que la liberté d’expression permet de ne pas aller en taule pour ses idées, mais n’oblige personne à les écouter.
J’emmerde tous ceux qui se sentent obligés de toujours l’ouvrir sous prétexte qu’ils en ont le droit.

Depuis quelques jours, j’emmerde à peu près tout mon entourage. Et, pour éviter de tomber dans les travers précités, j’ai pas mal fermé ma gueule. Mais, aujourd’hui, j’admire, le courage, l’humanisme, l’intelligence et la justesse des survivants de Charlie Hebdo pour cette magnifique couverture.

laune

Et j’avais envie de le dire, même si ça fait un peu Bisounours. Parce que, malgré les récupérations politiques, malgré les alliés ubuesques d’un soir, malgré les pleurnicheries télévisuelles, malgré la culture de la peur qui réinvestit les médias après cette parenthèse fraternelle, je me dis que, même si je suis bien loin d’adhérer à tout ce qui fait ce mystérieux « Esprit Charlie », l’espoir sera toujours permis tant qu’il restera des gens pourvus de ces qualités.