Je déteste les personnages féminins forts (traduction)

Mot-clef du jour : « differencier toilette fille »

Texte original de Sophia McDougall, publié le 13 août 2013 sur le site NewStateman.

Sherlock Holmes est brillant, solitaire, corrosif, bohème, fantasque, courageux, triste, manipulateur, névrosé, prétentieux, négligé, tatillon, artiste, chevaleresque, malpoli, génial.
Les personnages féminins sont « forts ».

gwyneth-paltrow-pepper-potts-iron-man-3Pepper Potts dans Iron Man 3 (capture d’écran).

Je déteste les personnages féminins forts ».

Cette affirmation peut surprendre dans la bouche de quelqu’un qui passe un certain temps, sur Internet, à déplorer le manque flagrant d’héroïnes dans la fiction. Oui, bien sûr, j’adore un tas de personnages féminins pleins de courage et de détermination. Dans Buffy, il y a cet épisode où Angelus lui demande : « Tu es seule, plus d’armes, plus d’amis, qu’est ce qu’il te reste ? » Elle empoigne alors son épée et répond : « Moi ». J’adore. Dans Tigre et Dragon, quand on interroge Jen (Zhang Ziyi) sur ses liens avec Li Mu Bai (Chow Yun-Fat), elle crache : “Je l’ai réduit en miettes”. J’adore. Quand Jane Eyre, malgré les atteintes prolongées du monde à son amour propre, déclare à Mr Rochester, qui s’inquiète de sa sécurité : « Ne craignez rien, j’y veillerai moi-même », j’adore. Mais je suis profondément désespérée de constater que l’industrie du cinéma pense le monde prêt pour un film avec un super héros raton laveur, mais pas pour un long-métrage dans lequel une équipe de super héros serait dirigée par une femme.

L’expression «personnage féminin dort » m’a toujours fait grincer des dents, tout comme ces si nombreux personnages créés selon toute évidence dans le seul et unique but de satisfaire à ce modèle.

Je me souviens de quand j’ai regardé Shrek avec ma mère. Je me suis exclamée :
– La princesse faisait du kung-fu ! C’était chouette !
Et, déjà, un vague malaise m’étreignait. La sensation que je disais cela juste parce que c’était ce que j’étais censée dire.
Ma mère a levé les yeux au ciel :
– De nos jours, toutes les princesses font du kung-fu.

Personne ne se demande jamais si un personnage masculin est “fort”. Ni s’il est « fougueux » ou « trop badass », d’ailleurs.

La raison, évidente, c’est qu’il est supposé « fort » par défaut. Le personnage féminin fort s’accompagne d’une promesse paternaliste : elle constitue une anomalie. « Pas de panique ! », lit-on entre les lignes de ces interviews qui abordent sa romance avec le héros. « Bien sûr que les femmes normales sont faibles, et chiantes, et incapables de faire des choses utiles. Mais celle-ci est différente. Elle est forte ! Vous avez vu : elle colle des bourre-pifs”. Parfois, on entend : « Ce n’est pas la demoiselle en détresse habituelle », comme si la création des héroïnes populaires n’avait pas évolué d’un iota depuis la Blanche Neige de Disney. Et comme si un sacré paquet de personnages féminins forts ne finissait pas de toute façon par devoir être sauvées.

Mais la vérité va au-delà de ça.

Nos héros masculins préférés sont-ils des personnages masculins forts ? Est-ce que, par exemple, Sherlock Holmes est fort ? D’un certain point de vue, oui, bien sûr. Il se met en danger pour faire triompher la justice. Mais d’un autre côté, on ne peut pas dire qu’il puisse toujours compter sur sa force physique. (En forme, il est assez costaux pour plier un tisonnier, mais il doit tout de même souvent se reposer sur Watson pour aller à la cogne, dont au moins une fois parce qu’il s’est tellement négligé qu’il est incapable de seulement se défendre). Ses ressources mentales et émotionnelles fluctuent également. Toxicomane, dépressif, il affirme même sans sourciller qu’affronter le crime constitue pour lui une sorte d’automédication. De ce point de vue, son enthousiasme à l’idée se mettre en danger pourrait bien ne pas être une « force » du tout –plus un comportement autodestructeur.  Mais, finalement, peut-être que ses faiblesses le renforcent, puisqu’il parvient à survivre et à prospérer en dépit de ces menaces extérieures et intérieures.

Est-ce que Sherlock Holmes est fort ? « Évidemment », est-on tenté de répondre. Mais ce n’est pas le problème. Le problème, c’est que ce n’est pas la bonne question.

Que se passe-t-il quand on essaie de mettre d’autres héros masculins iconiques dans la case « personnage masculin fort » ? Certains y rentrent à peu près, mais la plupart s’y trouvent très à l’étroit. Les pauvres ! Être confinés comme ça ! C’est nouveau pour eux ! Ils ont l’habitude de nous toucher de différentes façons et dans un monde à plus de deux dimensions.

« Bien sûr que je suis fort ! Eh, les mecs, je suis un fantasme idéalisé, hein ! Mais en fait, le truc vraiment intéressant, chez moi, c’est qu’au fond, je suis un artiste raté », affirme tristement Captain America en rentrant le ventre.

« OK, je suis fort. Mais est-ce que ça compte, vu je suis un gros psychopathe ? » s’interroge James Bond, alangui contre un mur, jouant négligemment avec ses manchettes.

Je pense qu’on peut dire sans se tromper que la lourde insistance de Batman pour entrer à tout prix dans la petite boîte du personnage masculin fort confine à l’hystérie. Mais il n’y a pas assez de place pour sa cape et ses oreilles de chauve-souris, et il refuse de s’en débarrasser.

Quant au Docteur, réalisant que cette boîte est en réalité encore plus petite à l’intérieur, il balbutie un truc incompréhensible et prend ses jambes à son cou.

Ceux qui rentrent plus facilement dans la boîte sont généralement les plus chiants. Musclor, Superman (désolée)… Le Lone Ranger. Peut-être Jack Ryan. Quelques héros à la mâchoire carrée, tombés dans l’oubli en même temps que les romans de gare et les magazines pour ados mâles qui en étaient l’écrin.  Si « personnage masculin fort » était le premier critère à respecter pour créer des héros, nos fictions en seraient considérablement appauvries. Mais c’est dans cette petite boîte étouffante que l’on demande à nos héroïnes de vivre.

Revenons à Sherlock Holmes. Une meilleure question le concernant pourrait être : « C’est quel genre de gars ? »

C’est un génie brillant, solitaire, corrosif, fantasque, courageux, triste, manipulateur, névrosé, prétentieux, négligé, tatillon, artiste, chevaleresque et malpoli.

Ajouter le mot « fort » à cette liste ne me semble pas tellement l’enrichir.

Et qu’arrive-t-il quand on s’intéresse à des personnages qui ne rentrent même pas dans la case « héros » ? Est-ce que Hamlet est « fort » ? Il l’est peut-être, en un sens, à la fin de la pièce. Mais il s’agit là d’un genre de force très particulier, très torturé, qui ne lui permet de trouver la paix qu’au prix de sa vie. Richard II, lui, n’est pas seulement « pas fort ». Il est indiscutablement faible, à la fois en tant qu’être humain et en tant que roi. Et pourtant, de cette bouche de faible sort la plus belle poésie du langage et les plus complexes méditations sur la monarchie. Il n’est pas fort, mais il a un sacré pouvoir. Toute l’intrigue de la pièce s’articule autour de ses prises de position (souvent catastrophiques). En termes narratifs, le pouvoir est bien plus important que la « force ». C’est lui qui détermine si un personnage fait vraiment partie de l’histoire ou n’en est qu’un accessoire.

Ne parlons même pas des exemples où le personnage féminin fort rencontre le délicieux stéréotype de la « femme noire forte », ou quand les mythes sur la force ne se contentent plus de faire un flop mais causent un mal quantifiable.

Chuck Wending rétorque ici que le mot « fort » ne signifie pas… euh… « fort », mais plus un truc du genre « bien écrit ». Mais je ne pense vraiment pas que la majorité des écrivains comme celle des lecteurs l’entende ainsi. Comment, dans ce cas, expliquer le fait que, quand les scénaristes du Seigneur des Anneaux décident de développer (maladroitement) le rôle d’Arwen par rapport aux livres, ils se sentent obligés de la faire errer sans but défini, puis pointer une épée vers la gorge de son petit ami et se vanter de l’avoir trop bien feinté ? (Elle réalisera finalement qu’elle n’a « pas besoin d’avoir une épée dans la main pour être forte »). Et pourquoi Paul Feig, comme le note Carina Chicano dans cet article, a-t-il été forcé de se justifier parce que le film Mes Meilleures Amies repose sur un personnage féminin complexe et intéressant qui semblait assez faible de prime abord ?

Et même si cette interprétation plutôt limitée du « personnage féminin fort » était en effet la plus répandue, n’est-ce pas quelque peu déprimant et encore plus incompréhensible ? Pour la moitié de la population, le fait d’avoir des personnages bien écrits et bien construits auxquels s’identifier constituerait une exception impressionnante, mais optionnelle ?

Certains personnages créés avec, en tête, cet objectif de « personnage féminin fort » réussissent tout de même à être vaguement crédibles. Peggy Carter (Captain America) et Pepper Potts (Iron Man) sont parmi les meilleures petites amies de héros de l’univers Marvel. Peggy tire sur des nazis. Elle n’a jamais besoin d’être sauvée, que ce soit par Captain America ou qui que ce soit. Elle est relativement bien présente à l’écran. Son statut particulier de femme de soldat britannique pendant la Seconde Guerre mondiale n’est pas vraiment exploité, mais il implique une puissante histoire personnelle, des convictions profondes et de grandes capacités de résilience. Et  son idylle avec Captain America ne parvient jamais à ébranler cet édifice. Même si son rôle est clairement subordonné à celui du personnage principal masculin, il n’est pas défini par ce dernier ; on pourrait fort bien imaginer un film sur elle – une femme déterminée à surmonter tous les obstacles pour lutter contre le nazisme. Et un facteur important de son succès est l’actrice qui l’interprète : la merveilleuse Hayley Atwell.

Elle nous est présentée alors qu’elle briefe quelques recrues envisagées pour le projet Super-Soldat. Cette scène est très clairement écrite pour dévoiler le potentiel « personnage féminin fort » de Peggy, et elle se déroule de la façon suivante : une des recrues commence immédiatement à faire le malin, tout d’abord en se moquant de son accent puis, quand elle le fait sortir du rang, en alignant les remarques sexistes et suggestives.

Elle le frappe et le met à terre.

Un peu plus tard, elle tombe sur Captain America en train de se faire embrasser par le seul autre personnage féminin doté d’un rôle parlant du film, et dont la seule raison d’être est d’embrasser Captain America. Elle maintient une maîtrise de façade jusqu’à ce qu’on tendre à Captain America son iconique bouclier pour la première fois. Là, est brièvement abordé le sujet de la résistance de ce dernier, ainsi que quelques doutes dus au fait qu’il ne s’agit que d’un prototype. Alors, Peggy tire sur le malheureux héros à plusieurs reprises, le forçant à utiliser le bouclier pour sauver sa vie (et ça marche. Ouf).

Les deux scènes sont construites pour être à la fois amusantes et impressionnantes.

On peut justifier le coup de poing – c’est la guerre, elle n’a pas le temps de se prendre la tête avec des abrutis misogynes, elle doit efficacement et rapidement établir son autorité. Mais elle fait quand même le choix de transformer un conflit verbal en violence physique en quelques secondes, et on a quelques difficultés à imaginer un personnage masculin positif nous être présenté ainsi. La seconde scène, par contre, si on y réfléchit en sortant du schéma « haha, la petite coquine tête brûlée, qu’est-ce qu’on rigole » est proprement scandaleuse. Tirer à bout portant, sans avertissement, sur quelqu’un qu’on aime, qui possède un bouclier dont on ne sait pas encore s’il fonctionne (et les ricochets, on s’en fout ?) par jalousie ? Ou pour n’importe quelle raison ? Ça va bien dans ta tête, Peggy ?

Ce personnage féminin s’en sort donc avec les honneurs malgré un comportement qui, chez un homme, serait considéré au mieux comme abusif, au pire comme meurtrier – un militant des droits des hommes ne tarderait pas, je pense, à dénoncer un léger double standard. Mais, en réalité, ces scènes sont révélatrices du manque de respect sous-jacent dont ce personnage était victime depuis le début, un manque de respect qu’elle se doit de surmonter par tous les moyens, jusqu’aux plus désespérés, déplacés et cartoonesques. Elle est invisibilisée, et même des actes que l’on jugerait terrifiants de la part de personnages masculins ne parviendront qu’à peine à la faire remarquer. Le scénario note et déplore le sexisme qu’elle doit affronter dans la première scène, mais il ne remettra pas en question les convictions de ce soldat misogyne, qui sous-entend que les femmes n’ont par leur place dans l’armée, en incluant plus de femmes dans l’histoire. En tout cas, pas des femmes avec des rôles parlants.

Là, je sais ce que certains ne manqueront pas de me rétorquer : on ne pouvait pas faire ça, parce que personne n’ignore que les femmes n’étaient en réalité pas impliquées activement dans la Seconde Guerre mondiale – et là j’ai envie de vous dire : par PITIÉ ! Par ailleurs, les Allemandes ne s’en sortaient pas si mal dans le monde scientifique avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Pourquoi ne pas, donc, changer le sexe d’Erskine, le chercheur allemand à l’origine du sérum qui transforme Steven Rogers ? Howard Stark, le père de Tony/Iron Man, a droit à un cameo. Sa future épouse, Maria, ne pouvait-elle pas apparaitre également, en train de polir les bords de ce bouclier, par exemple ?  Et que dire du gardien de la tour du Cube Cosmique ? Est-ce qu’il fallait absolument que ce soit un homme ? Et est-ce que Red Skull n’aurait pas pu recruter quelques méchantes au sein de l’Hydra ? Dans ce contexte, quand on s’aperçoit que Peggy porte sur ses seules épaules la double responsabilité de représenter tout son genre et de tacler le sexisme, quand on réalise que ses actes sont disproportionnés pour compenser le fait que les autres femmes sont tout simplement absentes du film, on comprend mieux les exagérations et les hyperboles qui caractérisent la construction de son personnage.

***

Le personnage féminin fort a quelque chose à prouver. Elle est sur la défensive avant même que le film commence. Elle est Claude, du Club des Cinq, avec quelques années en plus, mais devant toujours brailler, avec ce manque de conviction inchangé, qu’elle est « aussi forte qu’un garçon ».

Quand j’aborde ce sujet autour de moi, les gens me proposent souvent des synonymes, des façons moins limitées de qualifier le phénomène. Pourquoi pas « personnage féminin efficace » ? Mais redéfinir le terme n’est pas assez. Ce n’est pas suffisant d’ajouter une nuance tout en persistant dans la même direction comme si tout était normal. Ce qu’il faut, c’est une nouvelle approche du problème. Et ça implique de se rappeler que le problème en question n’est pas juste qu’on représente les femmes comme des faibles. Loin de là. Ce qu’il faut, c’est sortir de cette idée qu’on peut combattre le sexisme dans la fiction en se reposant sur un seul type de personnage, avec toujours la même personnalité. Qu’il suffit de mettre un personnage féminin dans chaque histoire et puis c’est marre.

Ça peut paraître étrange de passer sans crier gare de Richard II à Captain America, mais j’aimerais le faire une fois encore pour signaler deux trucs que possède Richard, que possèdent également James Bond, Captain America et Batman, et que Peggy, aussi forte qu’elle soit, n’aura jamais. Ce sont des choses très simples, encore plus fondamentales que « le pouvoir ».
1)      Richard est dans la lumière. Il est faible, il est passif, mais il est le foutu personnage principal.
2)      Richard est entouré d’une pléthore de personnages de son sexe et, du coup, on ne lui demande jamais de se comporter comme un ambassadeur ou un représentant des mâles. Même détrôné et emprisonné, il possède encore la liberté de n’être rien d’autre que lui-même.

Il déjà est bien rare pour une femme d’avoir le premier rôle, iI est encore plus rare qu’elle ait le second. Jetez simplement un œil au casting du film Salt : « Angelina Jolie et les mecs ».

De nos jours, toutes les princesses font du kung fu, et pourtant elles sont toujours la même princesse. Elles sont toujours là pour être aimées, ou bien elles sont la fille du groupe de garçons, et elles sont toutes à peu près identiques. Elles se baladent à l’écran, bottent quelques culs pour montrer qu’on ne leur marche pas sur les pieds, balancent des vannes ou embrassent quelqu’un de force parce que le consentement c’est pour les chochottes puis, avec cette discrétion toute féminine, elles se mettent gentiment à l’écart de l’axe narratif.

Sur les affiches, elles posent à l’arrière-plan, derrière les hommes. Dans les bandes-annonces, elles font la moue, sourient ou distribuent les coups de pieds, mais elles demeurent silencieuses. Leur force consiste à les laisser brièvement dominer les spectateurs, mais jamais l’histoire. Elles sont des analgésiques, des leurres, des chevaux de Troyes – elles sont là pour vous distraire et vous embrouiller, afin que vous oubliiez d’en demander plus.

Rappelons-nous que le but ici n’est pas de définir ce bizarre personnage qui est Fort, ou Efficace, ou tout ce qu’on veut. Il est en fait très simple, mais il requiert un changement bien plus profond que ce qu’un individu « badass » ou « fougueux » pourra jamais nous offrir, et l’atteindre impliquerait qu’on verrait beaucoup moins d’affiches de ce genre :

Inception Avengers

The_Smurfs

L’égalité.
Ce que je veux à la place d’un personnage féminin fort ? Je veux un ratio de personnages hommes/femmes de 1/1 au lieu de 3/1 sur nos écrans. Je veux des tas de personnages féminins complexes qui peuvent être aussi bien forts que faibles, ou aucun des deux, parce qu’il existe des choses plus importantes que la force et la faiblesse. Des flingueuses badass et des championnes d’arts martiaux, bien sûr, mais également des femmes intéressantes qui soient timides et discrètes et qui, parfois, font juste ce qu’elles peuvent avec ce qui leur arrive parce que dans la vraie vie, souvent, il n’y a pas trop le choix. Et, à côté des héroïnes, je veux voir des femmes dans des rôles secondaires aussi variés que ceux des hommes : des acolytes, des mentors, des ressorts comiques, des rivales, des méchantes. Je ne veux plus qu’on me demande, quand j’essaie de vendre un livre avec deux garçons, deux filles et un robot asexué, si je pourrais changer une des deux filles pour un garçon.

Enfin, quand je réfléchis à ce que j’aimerais voir chez les personnages féminins, je pense à ce que le poète Guante déclare désirer pour lui-même, dans ce texte où il rejette les limitations associées à cette insultante injonction : « Sois un homme ! » Alors, s’il me pardonne mes emprunts et mes paraphrases…

Je veux qu’elle soit libre de s’exprimer
Je veux qu’elle vive des relations pleines de sens et d’émotions avec d’autres femmes
Je la veux faible, parfois
Je la veux forte, d’une force qui ne repose ni sur la domination physique, ni sur le pouvoir
Je veux qu’elle pleure si elle ressent le besoin de pleurer
Je veux qu’elle sache demander de l’aide
Je veux qu’elle soit elle-même.
Un personnage féminin fort ?
Je n’en veux pas.

12 trucs dits au sujet de “Je déteste les personnages féminins forts (traduction)

  1. Benjamin

    Merci beaucoup pour cet article. Etant justement en train d’écrire une histoire avec une femme (très enfant) comme personnage principal, je me demandais comment éviter les écueils du sexisme innocent. Tu m’as donné quelques éléments de réponse dont je me servirai assurément et je t’en remercie.

    Je suis un homme, et donc mal placé pour comprendre la psyché d’un personnage féminin (surtout dans ses rapports avec le masculin). Mais j’ai envie de relever ce genre de défi, de parvenir à développer des critiques sur le sexisme primaire aussi justes que celles de Marion Zimmer Bradley (bon dieu quelle femme !) au travers des personnages. Je ne prétends pas y arriver mieux que les autres, mais je ferai de mon mieux en restant ouvert à la critique.

    Cependant, et même si je crois comprendre la frustration des femmes à l’égard du traitement des personnages féminins à l’heure actuelle, j’ai peur qu’il ne faille encore du temps avant de voir apparaître une véritable parité homme-femme dans le monde des histoires. Nous vivons dans une société essentiellement masculocentrique depuis déjà des siècles et des siècles et encore beaucoup de femmes participent activement à la création d’un monde injuste pour les femmes. L’imaginaire collectif traduit un reflet des normes sociales en vigueur et le fait de voir des femmes mal traitées en tant que personnage n’est certainement pas anodin. Mais si l’individu est capable de comprendre qu’il faut changer, la masse, elle, est beaucoup plus lente à la détente. Changer les mentalité se fait d’abord seul puis, progressivement, touche le monde et seulement après, ces nouvelles mentalités deviennent normes. Le problème, c’est que comme disait Richard Matheson « c’est la majorité qui définit la norme ». Pour le moment, je crois que le public a encore besoin (même si je crois pour ma part que c’est un faux besoin) de voir un homme aux commandes et de penser que la présence de la femme ne change pas radicalement les choses. Je trouve ça triste, mais je me dis que nous évoluons, car même Superman (pourtant la caricature ultime du mâle dominant) en vient de plus en plus à douter de sa propre puissance. C’est, je pense, la période dans laquelle nous nous trouvons : l’homme remet en question son pouvoir. Demain, je crois que l’homme remettra en question la faiblesse qu’il perçoit en la femme, tout simplement parce que les derniers à croire en cette faiblesse n’auront plus le choix. Heureusement qu’il y a des pionnières (et des pionniers) comme Jane Austen, Rebecca West ou Marion Zimmer Bradley (oui encore, mais putain quelle femme !) pour secouer l’opinion publique.

    Car pour l’instant, même si c’est chiant de savoir que ça ne devrait pas être un tel sujet de débat et que le monde des hommes est parfois tarte à bouffer des pieds de chaise, parler, militer et éduquer à petite échelle autour de la parité des sexes (surtout dans l’imaginaire collectif) reste actuellement, je crois, le meilleur moyen de faire changer les choses à grande échelle. Concernant le monde des histoires, sans doute vaudrait-il mieux se dire en tant qu’auteur « je vais créer un bon personnage » plutôt que de dire « je vais créer un personnage féminin fort ». L’intention de création a, sur le cerveau du spectateur, une importance considérable, même inconsciemment.

    En espérant ne pas avoir été insultant sans m’en rendre compte, auquel cas, je serais ravi qu’on me le signale.

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    1. Isabelle Auteur de l’article

      Je ne crois pas (et l’état actuel de la science tend à me donner raison sur ce point), qu’il existe des différences fondamentales de « psyché » entre hommes et femmes. Les quelques écarts significatifs mesurés sont très faibles, et largement mélangés avec les différences inter-individuelles. Les variations d’expérience, par contre, de vécu, sont sans doute en effet difficiles à saisir. Mais le sont-elles plus qu’entre un écrivain sédentaire et un militaire dont il raconte les aventures ? Entre un humain et un orque ? Je pense que le plus simple, et le premier pas pour se débarrasser de ses biais, est d’aborder tous les personnages de la même façon. Leurs spécificités s’imposeront d’elles-mêmes, que leur représentation demande des recherches poussées ou juste du bon sens.
      On voit rarement les écrivaines en butte avec la difficulté d’écrire un personnage masculin. C’est sans doute dû en partie au fait que, dans notre culture, le masculin est présenté comme la norme. Mais peut-être aussi qu’on incite les hommes à se créer une représentation très éthérée de l’autre sexe, comme s’il s’agissait presque d’une autre espèce, alors que la majorité des femmes sont juste… comme eux.

      Pour le reste, je partage en grande partie votre analyse, même si je suis plus optimiste quant à l’ouverture du public à des modèles alternatifs. De mon expérience, la majorité du public ne se pose pas tellement de questions. Elle entre dans l’histoire ou pas et, si l’on a proposé un modèle alternatif, elle l’intègre inconsciemment, aussi facilement (ou presque) qu’elle a intégré le modèle irréalistement sexiste. Par contre, si on annonce une volonté militante, là, on peut en effet se heurter à des braquages… même si au final on propose exactement le même ouvrage !

      Mais je pense pas qu’une oeuvre de fiction doive être militante. L’auteur peut parler de ce qu’il souhaite, mettre en scène qui il veut. Le souci pervers (et la faute professionnelle), c’est quand il manque de recul et n’a pas conscience de ce qu’il propage. Le problème de la femme forte (ou d’autres clichés) est qu’elle est soit irréaliste (dans le cas d’un récit par ailleurs réaliste), soit incohérente (dans le cadre d’un univers fantaisiste où les personnages masculins sont riches et variés). Elle ne peut fonctionner que dans une oeuvre ouvertement fantasmée, voire pornographique. Dans tout autre cas, elle propage un schéma néfaste car elle se prétend logique et respectueuse.

      Merci pour votre commentaire étayé, en tout cas 🙂

      Ah et par contre, je précise que, bien qu’écrivaine moi-même, je ne suis que la traductrice de cet article. L’auteure est Sophia McDougall 🙂

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      1. Magali

        Merci pour l’article.

        Je te rejoins sur la question de la psyché (même si elle peut être partiellement influencé par nos identifications à un genre ou l’autre). Pour l’écriture de personnage de l’autre sexe, c’est comme écrire un personnage d’un autre âge. On part de soi, on s’imagine dans une situation, on crée comme un double qui se transforme et se fantasme… Et finalement, on tombe sur des personnages complexes. A la limite, peut aider de penser le sexe du personnage après, comme un élément secondaire, comme le prénom ou la couleur des cheveux. Pour beaucoup de textes, ça marche. Quand je gribouille mes textes (atelier d’écriture), le « je » narratif ne trouve pas son sexe immédiatement, sauf si c’est cette question là précisément que j’exploite. Mais, beaucoup de situation marche parce qu’elles parlent de combat universel (tenter d’être meilleur, être confronter à un dilemme, se faire ballotter par la malchance). Il me semble que de penser d’abord en terme d’intrigue, de question qui porte le récit donne la structure au personnage. Pour ma part, à cause du traitement des femmes dans les films et séries, je m’identifie aux hommes et – à quelques exceptions – ça colle.

        Inception : choisir entre le rêve (avec la personne que l’on aime) et la réalité (sans elle) : tu as ton personnage, qu’il soit un homme ou une femme et qu’il aime un homme ou une femme ne change pas le coeur du truc.

        @Benjamin : je me méfierais, dès le départ, pas ce que je définis par une femme (-enfant). C’est une enfant ? C’est une adulte version Peter Pan ( donc égoïste, cruel, inconscient <= ne craignant pas le danger) ? C'est une femme (-enfant) version n'a pas grandit, donc ne peut concevoir la sexualité, pourrait avoir une attirance pour les enfants (il n'est pas rare de retrouver des désirs pédophiles chez des personnes ayant des syndrôme de Peter Pan) Ou c'est une "femme-enfant" : maladroite, naïve, empotée, boudeuse ( <= bref, le stéréotype de la représentation d'une femme qui fait de la merde tout le temps et qui a la complexité interne d'un bouchon de liège).

        La question de la femme (-enfant) te confronte à deux constructions sociales ; celles des femmes, celles des enfants….

        Bonne suite dans ton écriture, je ne sais pas si j'ai éclairé avec mes questions.

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  2. Sélène

    Bonsoir

    Merci pour cet excellent article qui résume exactement ma pensée. Ras le bol du personnage féminin « fort », d’autant que ça ne veut rien dire et que c’est aussi hypocrite que réducteur. On n’a jamais de personnage masculin « fort » que je sache ! Mais bon, je ne vais pas paraphrasé votre article 😉

    Je reviendrai juste sur Peggy Carter. Si je suis d’accord avec vous sur votre analyse de Peggy dans le film Captain America, force est de constater que les choses ont été bien mieux menées dans la série Agent Carter. Pour moi, il s’agit de la meilleure série de ses deux dernières années (et j’en regarde pas mal) grâce à Peggy et tous les personnages féminins qui y sont à l’honneur. On peut lui trouver tous un tas de défauts dans le scénar, mais il n’y a rien à redire sur les femmes de la série : elles ont toutes une vraie personnalité, elles ne sont pas toutes calquées sur le même modèle et ont toutes un rôle de premier plan, que ce soit Peggy, qui a le rôle principal, ou encore les antagonistes (Dotie Underwood ou encore Whitney Frost) ou alliées (comme Anna Jarvis, qui bien qu’elle ai un rôle plus que secondaire dans la 2e saison, reste marquante). Cette série nous montre qu’on peut avoir des personnages féminins travaillés sans tomber dans le cliché du « personnage féminin fort » : Peggy est une femme, c’est indéniable, mais on ne peut jamais la limiter à un seul qualificatif : Peggy est intelligente (et pas seulement sur le papier, elle sait se servir de sa tête et aucun élément extérieur ne vient en faire une gourde même quand elle a des sentiments pour un homme), elle a appris à se battre (sans être totalement badass), elle a de l’humour, elle n’attend personne pour la sauver, mais elle doute également, elle a des sentiments divers et variés, elle doit se battre contre le sexisme de son époque, elle sait demander de l’aide quand il le faut… Peggy réussit là où la Veuve Noire échoue dans les films Avengers, car la pauvre Natasha, elle, n’est là que pour remplir le quota féminin du film (et filer des mandales et des coups de pieds).
    Je déplore encore l’annulation de la série alors qu’on avait enfin, avec Peggy, un modèle intéressant pour toutes les petites filles (et les plus grandes).

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  3. colville

    « L’expression «personnage féminin dort » m’a toujours fait grincer des dents, » écris-tu ! PERSONNAGE FEMININ DORT !!!!! n’est-ce pas là un très beau lapsus ? 🙂

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  4. Elijaah Lebaron

    Bonjour

    Je crois que cet article confond la force physique avec la force de caractère. Un personnage féminin peut être par exemple un catalogue de la feminitude (oui j’invente des mots) tel quelle est définie par les hommes et être le personnage le plus fort d’un roman. Exemple : Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent.

    Personnellement, et en courant le risque de passer pour un gros macho sexiste, je pense que ce combat féministe est aujourd’hui un peu d’arrière garde. Certes les gros producteurs hollywoodien font encore des films pour des cibles marketing de type bon gros geek un peu myso. Quand je les regarde, je sais quels ressorts usés vont êtres utilisés pour faire plaisir à cette cible. Mais les mentalités des années 2010 n’ont plus rien à voir avec celles des 2000 ans qui les ont précédés. Les œuvres de l’esprit ont bien entendu évoluées dans le même sens. Aujourd’hui, si l’on veut être un auteur digne de ce nom, vos personnages féminins sont les égaux des personnages masculins.

    Il est facile, lorsque l’on décortique un récit imaginaire, de trouver un éclairage défavorable pour le critiquer. Par exemple si je suis en train d’écrire un roman ou trois femmes font parties des six personnages principaux. Mais si on éclaire mon récit sous un point de vue ethnique on peut se rendre compte que seul un personnage est décrit comme noir (un dieu assez lointain lors de mon premier récit). J’imagine que l’on pourrait donc qualifier mon histoire comme raciste. Dans mon monde il n’y a pas d’enfants, mon histoire doit donc démontrer que je déteste ces chères têtes blondes. Il manque un personnage homosexuel ou lesbien ( la ce n’est pas le cas en vérité) donc je dois critiquer ouvertement la liberté de choisir son orientation sexuelle,…

    À quoi pourrait ressembler une histoire dont l’auteur chercherais à faire plaisir à tout le monde ? Aurait il suffisamment de liberté pour pouvoir écrire une histoire intéressante ?

    Bref, ne serait il pas possible d’accepter que la majorité des œuvres de l’esprit soient intrinsèquement imparfaites et ne pas crier au scandale pour une raison ou pour une autre ? La fiction n’est pas un outil d’éducation, c’est un moyen d’apporter de l’amusement ou de l’évasion à ses consommateurs. Si elle arrive à atteindre cet objectif, le reste n’est que du bonus. Et oui, j’aime les femmes aussi quand elles distribuent des baffes, on les a tellement cantoné dans des rôles de potiches… pourquoi bouder son plaisir ?

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    1. Isabelle Auteur de l’article

      Je n’ai pas le sentiment que l’auteure confonde la force physique (qu’elle évoque à peine) et mentale. Encore moins qu’elle décortique un récit pour lui trouver un éclairage défavorable. Elle parle simplement d’une situation très générale, et donne un exemple précis pour l’étayer.
      Quand à faire plaisir à tout le monde, je pense qu’on est complètement à côté du sujet. Il s’agit de pointer une incohérence d’écriture récurrente dans la culture populaire, et d’en réfléchir au sens sociétal. De là, libre à chacun de réagir ou pas. Avoir du recul sur ce qu’on regarde/lit/écrit n’a jamais obligé à se conformer à un mode de pensée.

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  5. Elijaah Lebaron

    Oui, je savais un peu que j’allais me faire des amies, en postant mon commentaire. Désolé.

    L »incohérence d’écriture » dans cet article ce sont les exemples qui sont donnés par l’auteur. J’ai parlé de la cible marketing visée, mais j’aurais pu dire également que l’égal d’un homme dans un film de super héros c’est la super héroïne. Une femme badass qui peut se mesurer en égal à de la super testostérone. Pareil pour les héros en robe ou armures qui se baladent dans les bois, surtout quand l’auteur original à oublié de mettre quelques femmes dans ses histoires, l’adjuvant féminin ajouté par Hollywood ressemble bien évidemment à une combattante. Tout le monde en a effectivement marre de sauver des princesses qui pleurent dès qu’elles se cassent un ongle (la c’est plus du tout une attitude d’égale). Bref vous pouvez bouder votre plaisir de voir une femme qui distribue des baffes, mais plutôt qu’une cabbale hollywoodienne je vois plutôt l’essai de créer des personnages vraiment égaux aux personnages masculins de leur monde.
    Lorsque l’Autrice (bah, quel néologisme disgracieux) de cet article prend en exemple Sherlock Holmes elle oublie de parler d’Irène Adler est un personnage a la hauteur du fameux enquêteur. Au point même de le mettre en échec. Je ne connais pas bien Shakespeare, mais je suis sur qu’il existe un personnage féminin à la hauteur des héros de ses pièces (même si elles étaient jouées par des hommes).
    Bref, mélanger des torchons avec les serviettes et se plaindre que le linge de maison est dépareillé ne me semble pas vraiment être la preuve indiscutable qu’il existe cette fameuse « incohérence d’écriture ».

    Bon, maintenant que j’ai précisé mon point de vue de façon plus claire, je vais également préciser mon point de vue sur le féminisme. Je n’ai pas pensé que le féminisme est un combat d’arrière garde. J’ai bel et bien parlé de la critique féministe des œuvres de fictions. Sachant que la diversité des romans et histoires permet aujourd’hui de pouvoir lire autant de romans respectant les femmes comme égale que l’inverse. Pour les films Marvel, il existe des diables qui s’habillent en Prada, Britney Jones, Muriel, Sex & the City, et j’en passe.
    Bien entendu, la différence des salaires entre hommes et femmes, la différence de nombre entre les auteurs masculins et féminins, les coutumes barbares imposées aux femmes dans d’autres pays où dans le nôtre n’est malheureusement pas un combat d’arrière garde.

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  6. Elijaah Lebaron

    Note pour plus tard. Ne pas faire de réponses aussi longue avec mon téléphone et son correcteur orthographique. Désolé pour les horribles fautes. Phrases longues qui ne veulent rien dire et une Britney qui s’est substituée à Bridget

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  7. Calli

    Je suis tellement d’accord avec ton article….
    Même que parfois je me demande si je ne vois que les problèmes, où si toutes les affiches de films que je vois dans Paris représentent aussi mal la réalité (et donc le film également…)

    A quand des héroïnes variées, et au final humaines.
    J’espère que si je me lance dans l’écriture un jour je saurai ciseler des personnages intéressants. Personne n’est à l’abri, mais j’aimerais bien offrir cela à moi, et au monde entier, qui en a bien besoin.

    Je crois savoir que tu es autrice, je vais voir de ce pas ce que tu as écrit.

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  8. Ping : Petit guide à l’usage des auteurs qui écrivent des livres sexiste (mais qui font pas exprès) – Le Féminisme pour les néophytes

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