En finir avec le mythe de Christophe Colomb et de la Terre plate (traduction)

Mot-clef du jour : « je ce que je cherche est temps de travail »

Article original de Valerie Strauss, mis en ligne le 10/10/2011 sur le site du Washington Post.

Si vous avez appris, à l’école, qu’en 1492, Christophe Colomb est parti de l’Espagne pour traverser l’océan Atlantique, infirmant la croyance répandue selon laquelle la Terre était plate, sachez qu’on vous a raconté des bêtises.

Les historiens l’affirment avec certitude : à l’époque, les personnes éduquées n’ignoraient pas que la Terre était ronde. Le fait était même connu depuis plusieurs centaines d’années.

Dès le sixième siècle après Jésus Christ, Pythagore (il sera suivi par Aristote et Euclide) décrivait la Terre comme une sphère. Quand Ptolémée écrit la Géographie, à l’apogée de l’Empire Romain, 1300 ans avant Christophe Colomb, il n’émet aucun doute : la Terre est ronde.

La Géographie devint un ouvrage de référence et Colomb lui-même en possédait un exemplaire. À ses yeux, la grande question n’était pas la forme de notre planète, mais la taille de l’océan dont il tentait la traversée.

Il est vrai, cependant, qu’au début du Moyen Âge, de nombreux Européens succombèrent à la rumeur et se mirent à croire qu’ils vivaient sur une Terre plate.

Mais les pays musulmans, eux, préservèrent les acquis issus du travail des savants helléniques. Et, à la fin du Moyen Âge, l’Europe avait rattrapé son retard, surpassant parfois les connaissances de la Grèce antique et de l’Islam médiéval.

Plusieurs livres publiés sur le continent européen entre 1200 et 1500 s’intéressent à la question de la forme de la Terre. Parmi eux, De Sphaera Mundi [NDT : par Johannes de Sacrobosco], écrit vers 1230, dont la lecture était requise au sein des universités européennes durant toutes les années 1200, et même au-delà. L’ouvrage était encore en usage 500 ans après sa rédaction.

Alors pourquoi, au vingtième siècle, s’est-on mis à penser que les gens du quinzième étaient persuadés que la Terre était plate ?

En 1991, dans son livre Inventing the Flat Earth, Jeffrey Burton Russell, professeur de l’Université de Californie à la retraite, explique comment ce mythe a été propagé depuis le dix-neuvième siècle par plusieurs écrivains, au nombre desquels Washington Irving et Antoine-Jean Letronne.

En 1838, Irvin rédigea l’Histoire de la vie et des voyages de Christophe Colomb, dont le titre évoque une biographie, mais qui, en réalité, relève essentiellement de la fiction. Dans ses pages, les Européens apprennent que la Terre est ronde au retour de Colomb.

Letronne, lui, prétend que les premiers auteurs chrétiens étaient convaincus de vivre sur une Terre plate. L’affirmation, bien que fausse, a été reprise durant des années.

Mais bien d’autres ont perpétué la légende avec la même vigueur.

C’est en 1995 que, dans son ouvrage Les mathématiques de l’Univers : Eratosthène, Einstein, Dante, Feynmann et les autres, Robert Osserman, professeur émérite de mathématiques à l’université de Standford, casse le mythe : jamais Christophe Colomb n’a eu peur de tomber dans le vide en atteignant le bord de notre planète.

Par contre, il y avait bien quelques inquiétudes. Quant à ce qui surviendrait s’il chutait au fond de la sphère.

2 trucs dits au sujet de “En finir avec le mythe de Christophe Colomb et de la Terre plate (traduction)

  1. Télémax

    A cela on peut ajouter que le fameux promoteur de la science Francis Bacon Verulam, savant chrétien (fin XVIe, début XVIIe), dont l’importance est probablement minimisée parce qu’il réfute la notion moderne de progrès politique, fut le premier à formuler la théorie de la dérive des continents (en raison de l’aspect de puzzle de la cartographie des continents), par conséquent bien avant le XIXe et Wegener à qui cette découverte est généralement attribuée dans les manuels de vulgarisation de l’histoire des sciences, qui s’avèrent en réalité des instruments de désinformation.
    Le mobile de cette désinformation n’est pas difficile à deviner : il s’agit de faire passer les deniers siècles de progrès technique, plus ou moins heureux, pour des siècles de progrès scientifique.

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