Archives pour la catégorie Bandes dessinées

Ca sent le renfermé

Mot-clef du jour : « con scientifique »

Je donne de moins en moins de nouvelles ici et de plus en plus sur ma page FaceBook.

En attendant de me décider définitivement quant à l’avenir de cet endroit (conserver le blog ou transformer la chose en site web tout simple), voici quelques nouvelles :

— Le tome 1 de Versipelle, avec Anne-Catherine Ott aux dessins/couleurs, sortira fin mars aux éditions Akileos. Regardez cette belle couverture !
VERSIPELLE-coverDefJe travaille actuellement sur le scénario du second et dernier tome.

— Anne-Catherine et moi sommes, en parallèle, en train de développer un projet de web-comic bilingue français/anglais américain. Il s’agit de ce que nous avons décidé d’appeler un shonen-comics (parce que pourquoi pas ?), avec une héroïne pansexuelle (parce que POURQUOI PAS, NOM DE DIEU ?)
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— J’ai achevé, sous l’impulsion du NaNoWriMo, mon second roman, une histoire de science-fantasy pour jeunes adultes, en attendant de me mettre à la suite des Rhéteurs ce printemps. Il est actuellement entre les mains de mes joyeux relecteurs, et a su éveiller un petit intérêt éditorial, mais il est trop tôt pour en parler.

— Le tome 4 (et, sauf miracle déclenchant un best-seller, la conclusion) d’Alyssa est scénarisé aux 3/4, et commence à être dessiné et colorisé par respectivement les talentueuses Rebecca Morse et Hélène Lenoble. On y parlera toujours autant de science et d’histoires d’adolescents, encore plus franchement de féminisme, mais aussi de chatons (parce que… pourquoi pas ?)
alyssaT4extrait— Je travaille sur un chouette projet de bande dessinée scientifique, avec une très chouette équipe éditoriale, et je devrais vous en dire plus dans quelques mois.

— J’ai eu le bonheur de traduire le premier tome de The Bunker, de Joshua Hale Fialkov et Joe Infurnari, pour les éditions Glénat Comics, et il sortira le 9 mars. Foncez dessus, c’est de la bombasse !
TheBunker— Vous pouvez noter, dans la colonne de droite, une grosse liste de dédicaces, qui devrait encore s’étoffer.

Versipelle (Bauthian/Ott/Akileos) – Ça avance !

Mot-clef du jour : « isabelle grosse+poésie »

Je sors de ma léthargie (en réalité, de mon hyperactivité malsaine de ces derniers mois) pour vous remontrer un peu le très bel album sur lequel je travaille avec la merveilleuse Anne-Catherine Ott pour les formidables éditions Akileos.

Des vikings, une vengeance, des discriminations sociales, des loups-garous, des fantômes, de la magie, l’intellectualisme en opposition à l’instinct… un conte cruel et horrifique inspiré d’une vieille légende auvergnate.

Planches encrées toutes finies. Colo en cours. Sortie début 2016.

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C’est beau, hein ?

Alyssa tome 3 – La théorie de l’attraction

Mot-clef du jour : « réplique pour casser les gens auteur »

Hello les petits loups et les grands coyotes !

Aujourd’hui est un grand jour, celui de la sortie du tome 3 d’Alyssa. Il se nomme La théorie de l’attraction, et parle de voyages, de linguistique, de militantisme, de sciences humaines, de ‎féminisme‬, de ‪geocaching‬, de ‪Doctor Who‬, de poux et de sitcoms.

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AlyssaT3_DoctorWhoQuand j’ai commencé à travailler sur cette bd, je n’avais jamais écrit le moindre texte humoristique. Il y a bien toujours un peu de blagounette dans mes bouquins, parce que, même dans les moments les plus noirs, l’humour fait partie de la vie, et j’aime les traitement réalistes plus que les conventions de genre. Reste que mon univers est plus fait d’histoires d’amour compliquées, de société vilaine avec ses éléments décalés, voir de zombies, de monstres et de meurtres sanglants, et je n’aurais probablement jamais tenté la comédie pure si je n’avais pas eu l’idée du concept d’Alyssa, à savoir « une ado HQI infiltrée chez les ados normaux, qui se rend compte que la plupart des gens se sentent aussi décalés qu’elle et qu’on ne peut pas se définir juste par sa spécificité » (et qui, aussi, essaie de construire des trucs qui ne marchent pas, fait des expériences sur son chien, tente de survivre aux virées shopping et drague comme une quiche).
Cette série a été extrêmement formatrice pour moi. C’était la première fois que je m’éloignais de ma zone de confort et, avec ma talentueuse dessinatrice Rebecca Morse et ma merveilleuse éditrice Audrey Alwett, je crois que nous avons réussi à créer une série à la fois grand public et intelligente, potache avec du fond, farce et instructive. J’ai l’impression que chaque tome a été meilleur que le précédent et, dans ce troisième, nous avons essayé de passer un cap et de nous attaquer de manière plus frontale à des questions intellectuelles qui étaient surtout en filigrane des deux précédents.
Ceci, bien sûr, en préservant l’humour potache.
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J’espère que le résultat vous plaira !

Je vous annonce au passage que Rebecca et moi seront ce weekend au festival Normandiebulle, à Darnétal. J’y dédicacerai également Anasterry.

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Et, jusqu’à la fin de la semaine, vous pouvez tenter de gagner un tome 3 via ma page FaceBook, que je vous encourage par ailleurs à suivre car j’y donne plus souvent des nouvelles qu’ici.

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A bientôt les petits chats et les grands servals !

Retour d’Outretombe

Mot-clef du jour : « la vie privée d’une célébrité »

Il y a de l’écho, ici, vous ne trouvez pas ?

Il faut dire que j’ai été « légèrement » occupée ces derniers mois : travail intense sur le tome 3 d’Alyssa, bouclage d’un gros projet dont je vous parlerai très bientôt, lancement de deux chouettes commandes de bd, mise en place de quelque chose d’assez colossal à réaliser avec Anne-Catherine Ott (chht, c’est secret) et… tournage d’un film.

Comme ceux qui suivent le savent peut-être, j’ai eu la chance, le plaisir, la fatigue et le stress de jouer dans le premier long-métrage francophone en un seul plan-séquence (on dit « action ! » et on tourne d’une traite pendant 1h30). Ça s’appelle Maintenant, c’est une histoire d’amour et de secrets de famille écrite et réalisée par Michael Castellanet (qui joue aussi dedans), et c’est avec les formidables Jean-Claude Dreyfus, Brice Tripard et Olivia Algazi. Nous entamons actuellement la post-production et la recherche de distributeur.
Vous pouvez voir plein de magnifiques (sisi) photos de tournage sur la page FaceBook officielle du film.

fin_tournage

Vous comprendrez donc que ce site sente un peu le moisi, mais je reviens aujourd’hui pour ouvrir les fenêtres. Nouvelles dédicaces annoncées dans la colonne de droite, bibliographie en cours de mise à jour et, bientôt… de passionnantes nouvelles !

Rappel

Mot-clef du jour : « j’ai ma vie d’adulte »

Suite à la Marche des auteurs de bandes dessinées au festival d’Angoulême, je me suis dit que c’était l’occasion de donner une seconde vie à ce texte que j’avais écris il y a déjà six mois (six mois qu’on nous balade alors que nous ne demandons qu’une concertation à propos des modalités d’une réforme que nous acceptons par ailleurs) pour Le Plus du Nouvel Obs.

Je suis scénariste de bandes dessinées depuis 2005. Après quelques succès d’estime, je travaille sur une série grand public, bien défendue par mon éditeur. Aujourd’hui, avec deux enfants à charge et un conjoint à temps partiel, je gagne l’équivalent de 950 euros par mois.

Pourtant, ma situation n’est pas la pire parmi mes collègues. Nous subissons largement précarité et pauvreté. Seule la distance séparant l’épée de Damoclès de nos nuques varie. Mais on s’habitue. On apprend à vivre en oubliant jusqu’au souvenir des moments de sérénité.

Contrairement à d’autres travailleurs pauvres, nous exerçons un métier-passion. C’est une chance et une richesse que nous n’aurons jamais l’indécence de réfuter.
Je ne me plains pas, donc.
Et je suis débrouillarde : jamais d’emprunt, jamais de découvert… Je parviens même, en sacrifiant ma vie sociale, à mettre parfois quelques dizaines d’euros de côté.
En opposition à l’imagerie populaire qui se plaît à dépeindre les artistes comme de grands enfants rêveurs, ce métier nécessite beaucoup de rigueur et un profond sens des réalités.

Il y a deux ans, mon conjoint a soudainement perdu son travail. J’ai utilisé mon maigre réseau dans le but de décrocher, en urgence, de nouveaux contrats.
Le fort relais de mon annonce m’a fait prendre conscience que je n’étais pas seule. Que tous ces gens qui partageaient ma demande étaient motivés, outre par la volonté d’aider, par la peur.
« Demain, ça pourrait être moi », m’ont-ils avoué.
Nous nous serrions les coudes, toujours sans nous plaindre. Métier passion.

L’année dernière, je me suis tout de même permis d’interpeller Mme Filippetti quant à l’optimisme malsain de ses propos au Festival d’Angoulême.
En effet, comment pouvait-on affirmer sans trembler la bonne santé d’un secteur dont le premier maillon, les auteurs professionnels (sur lesquels repose au bas mot 80% de l’économie du livre, un domaine qui génère 80 000 emplois) gagne à peine de quoi se loger et se nourrir ?
J’ai manifesté mon incompréhension, j’ai déballé sans pudeur ma situation personnelle, recevant les promesses rassurantes de son chef adjoint de cabinet et le mépris de son conseiller en communication.
Je ne me suis pas plainte. Métier passion.

Aujourd’hui, le RAAP, l’organisme chargé de gérer notre retraite complémentaire, a décidé de passer d’un système de cotisations par tranches à un calcul en pourcentage de nos revenus. Sans concertation ni étude d’impact sur notre niveau de vie, ce taux a été fixé à 8%.
8%. Un douzième.
Un mois de revenus en moins pour une profession dont l’immense majorité des actifs ne gagne même pas le SMIC pour des journées de 10 à 15 heures de travail, week-ends compris.

Je ne pourrai pas payer.
La retraite complémentaire est un progrès social. Même si, comme beaucoup d’indépendants, nous ne nourrissons que peu d’illusions quant à ce qu’elle nous rapportera vraiment, nous jouons le jeu. Par solidarité.
Et un système proportionnel aux revenus nous semble juste. Mais ce taux ubuesque tuera la plupart d’entre nous. Je ne serai ni la première ni la dernière à tomber.

Métier passion ?

 

Nous payions déjà un lourd tribut pour avoir eu le courage et la chance de l’exercer. Nous n’aurions jamais imaginé que la mise à mort viendrait d’un organisme censé protéger nos intérêts.

 

Plus de 1000 auteurs de BD (sur environ 1500 professionnels) ont, à ce jour, signé une lettre ouverte à la ministre de la Culture. 
Le 26 juin, une délégation de notre syndicat sera reçue au ministère. Nous voulons un abaissement de ces prélèvements, un étalement de la réforme, un peu de sang froid et de rationalité…
Depuis une semaine, de nombreux auteurs d’autres secteurs du livre nous rejoignent. Nous nous fédérons afin de sauver nos emplois, nos existences, notre avenir.

 

Si cette réforme est malgré tout ratifiée, demain, seuls les plus riches d’entre nous pourront se permettre de continuer. A quoi ressemblera cette nouvelle production ?

 

Je me plains, donc.

 

Et, entre un soupir inquiet quant à l’avenir artistique de ma profession et une recherche d’emploi qui m’apprend que je suis surqualifiée/surdiplômée pour tout travail alimentaire, je me demande si, en 2016, les personnes supposées assurer ma sécurité vont, avec la complicité de l’État, me mettre à la rue avec mes gosses.

« Je veux l’avoir, et je l’aurai »

Mot-clef du jour : « bd toilettes »

En ce moment, en plus de tenter de financer un long métrage, de prospecter pour travailler régulièrement en tant que traductrice anglais >> français, de ré-écrire mon roman pour un super projet avec d’autres auteurs, de bosser sur un concept de bd dont je ne peux rien dire mais vous verrez ça va déchirer, et d’avancer le scénario d’Ayssa, je me démène, avec Anne-Catherine Ott et un co-traducteur bilingue masqué, à adapter les trois tomes de Havre en anglais.

Oui, mes cocos, on tente l’Amérique, avec un éditeur traditionnel ou en auto-édition, on verra, mais on tente.

Et figurez-vous que c’est un peu de boulot parce que c’est moi qui me charge de la traduction. Eh ouais. 20000 mots, entre discussions politiques soutenues, palanquées d’argot et idiomes de djeunz, vers une langue qui n’est pas ma langue maternelle ! D’où la présence de mon co-traducteur/correcteur d’amour, qui est beau, grand et sent bon, qu’il soit remercié jusqu’à la fin des temps. Mine de rien, je suis assez fière de moi : après quelques tâtonnements sur le tome 1 (pas tant que ça me dit le co-traducteur masqué, mais c’est un gentil), j’ai quand même bien assuré. Au point que je songe de plus en plus à me lancer sur quelques projets directement en anglais.

Bref. Voici quelques exemples de ce que ça va donner pour le tome 1 (ne faites pas attention aux variations de couleurs).

Havre1_1

Haven1_1

Havre1_2

Haven1_2

Havre1_4

Haven1_4

Comme vous pourrez le constater, il y a aussi quelques retouches de dessin :

Havre1_6  Haven1_6

Havre1_3Haven1_3 Havre1_5

Haven1_5Il me reste encore quelques retouches de texte à faire en français (parce qu’on aimerait tenter l’Amérique sans laisser tomber la France).

En tout cas, j’espère que ça vous plait. Et, un jour, je vous parlerai peut-être de la difficulté à traduire des jurons en anglais en s’interdisant toute référence chrétienne.

 

Alyssa tome 2 « Sélection Naturelle » – Dans les bacs !

Mot-clef du jour : « images qui fait rire »

La semaine dernière s’est produit un grand, que dis-je, un merveilleux événement.
Le tome 2 d’Alyssa est sorti.

Alyssa_T2

Il s’appelle Sélection Naturelle, et vous y lirez des histoires de guppys mutants, de robots, de drague, de mondes parallèles, de Docteur Who, de caféine, de contes de fée, de pseudosciences, de faux ongles, de complexe d’œdipe et de petits chats.
Entre autres.

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AlyssaT2_bulles-expose

AlyssaT2_colo+bulles_shojo

Alors vous savez quoi faire : achetez-le, offrez-le, conseillez-le… Bref : lisez-le et faites-le lire !

Diverses choses

Mot-clef du jour : « image drole de prostituée enceinte » (un poète est passé par là)

Un petit mot rapide pour donner des nouvelles à ceux qui par hasard en voudraient.

Nous sommes en train de boucler le tome 2 d’Alyssa, ce qui explique ma faible présence actuelle sur Internet. L’album sera en librairie fin août. Soyez nombreux à vous ruer dessus, il est encore mieux que le premier (qui était génial, n’est-ce pas ?)

Ceux qui suivent un peu l’actualité littéraire l’auront peut-être constaté : en ce moment, c’est la grosse merde chez les auteurs, avec des réformes qui risquent tout simplement de mettre un paquet d’entre nous sur le carreau et une hypocrisie d’une grande lâcheté de la part des instances sensées nous représenter. Pour en savoir plus, vous pouvez visiter la page du SNAC-bd. J’ai aussi pondu ce petit témoignage pour Le Plus du Nouvel Obs.

Je viens de terminer le scénario de mon prochain livre, chez Delcourt, illustré par Maud Hopsie. J’en avais déjà parlé : il s’agit d’un one-shot humoristico-sérieux (ouioui) sur la grossesse, ses mythes, les conneries qu’on entend à longueur de journée quand on va avoir un enfant, la pression sociale, la vie, tout ça. L’histoire est basée sur mon vécu et divers témoignages de parents.
Assez paradoxalement, ça a été un des scénarios les plus compliqués à écrire de ma carrière. Généralement, mes histoires sont là pour porter un propos, des questionnements, un super-objectif, tu vôas… Il m’a fallu un certain temps pour parvenir à ne pas perdre ce qui fait mon style en abordant une narration anecdotique, presque « bloggesque ». Je pense y être parvenue, j’espère que les lecteurs confirmeront.
En tout cas, la première planche que voici vous apprendra déjà que ma classe et ma distinction légendaires n’ont pas été sacrifiées :

ABP1

(Oui, il y a une vilaine répétition. Je l’ai vue. Elle sera corrigée).

Bonnes vacances à tous, et à bientôt !